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Blog de steanne

Des rêves plein la tête et un moyen de les part...

    Un miroir se brise. On peut le réparer sur le champ mais il faudra le polir longtemps pour qu'il brille de nouveau. La confiance est pareil. (22/04/2018 at 4:39 PM)

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Chapitre 5 (fiction 1) 08/11/2015


Les deux semaines passèrent très vite et nous étions la veille des vacances. Emma allait mettre une robe noire et blanche, bordée de orange, des chaussettes montantes oranges et rayées de blanc et porterait une coiffe en forme d'un chapeau de sorcière, le tout serait complété par un sceptre surmonté d'une citrouille pour former un déguisement de sorcière. Moi, je porterais une robe noire, des collants en dentelles de la même couleur et des fausses canines pour que mon déguisement soit celui d'un vampire.

Nous mîmes nos affaires dans nos sacs et nous sortîmes aller vers notre collège. Durant toute la matinée, nous avions cours, comme d'habitude, mais l'après-midi toute la classe put partir pour enfiler les déguisements dans les vestiaires du gymnase. Des filles de la classe m'aidèrent à me coiffer et me maquillèrent légèrement à leurs goûts. Nous avions le droit de faire ce que nous voulions avec pour seules règles de rester raisonnables et de ne pas sortir des limites de l'établissement. Des stands de jeux et de ventes avaient été mis en place dans la cour, décorée avec des citrouilles, des affiches et des guirlandes en papier en forme de chauves-souris. Ça avait été les élèves de sixième qui avaient fabriqué les décorations et ceux de cinquième qui les avaient installé. Les élèves de quatrième apportaient le buffet et, pour finir, les troisièmes tenaient les stands. Emma et moi s'occupions de la salle hanté. La salle était en réalité le gymnase où les lumières étaient éteintes. Le tout était décoré et illuminé par quelques bougies. A l'intérieur des élèves étaient cachés et essayaient de faire peur à ceux qui entraient. Nous, on devait faire entrer le plus de monde possible. On réussissait à envoyer chaque élève qui passait devant nous, même si parfois on devait leur raconter n'importe quoi : qu'on avait caché un ticket et que s'ils le trouvaient ils auraient une récompense ; qu'on avait perdu quelque chose dans la salle ; ... 

Nous ne savions pas exactement ce qu'il se passait à l'intérieur mais nous entendions des élèves crier et la plupart ressortait aussi pâles que des fantômes. Nous rigolions beaucoup de les voir ainsi, mais finalement le temps passa plus vite que prévu et nous dûmes arrêter. Tout le monde sortit dans la cour de récréation en attendant qu'ils annoncent les prénoms des vainqueurs du concours de déguisement.

En passant, nous croisâmes Maxime, Yuri, et leurs amis, et ce dernier me lança une peluche, avec un grand sourire. Je la pris dans mes mains, il s'agissait d'un petit chat noir qu'il avait dû gagner à un stand de jeu. Quand je relevai la tête pour le remercier, Yuri était déjà loin. Je suivis alors Emma, en serrant la petite peluche, un sourire aux lèvres. En voyant la peluche que je tenais, son visage s'illumina. Petit à petit tous les stands se fermèrent, jusqu'au point où plus aucun n'était disponible. Les niveaux du collège étaient appelés un par un pour que chaque élèves puissent voter pour les quatre costumes qu'il avait préféré. Ce ne fut qu'en voyant tous les élèves qui partaient voter, petit à petit, que je réalisai qu'il y avait énormément d'élèves dans ce collège. Au bout de 45 minutes, des élèves de 2° montèrent sur des bancs et commencèrent à appeler tous les enfants présents dans la cour. Ils étaient sur le point d'annoncer les résultats du concours de déguisement.

Tags : fiction 1 - une dernière année - chapitre 5

Chapitre 6 (fiction 1) 05/12/2015


Ce n'était qu'un petit concours organisé dans le seul but de s'amuser et sans rien gagner mais on pouvait sentir une certaine tension entre les élèves présents. Ils annoncèrent les gagnants pour les 6èm, les 5èm et enfin pour les 4èm. Il ne restait plus que les 3èm. Personne ne parlait, tout le monde voulait savoir qui avait gagner.

« Et pour finir l'élève qui a reçu le plus de voies lors du vote est... Emma Kiraoshi, élève en 3°E ! ».

Emma était tellement surprise qu'elle était comme paralysée. Une seconde à peine s'écoula et tout le monde applaudit. Emma était si contente qu'elle me prit dans ses bras. Je me laissai faire et la félicitai. Je pensais vraiment qu'elle méritait cette victoire ; elle avait tellement travaillé sur son déguisement. De plus la fin du concours sonnait officiellement le début des vacances.


Celle-ci passèrent très vite. J'avais passé la plupart de mon temps à l'hôpital car les médecins voulaient garder un ½il sur mon état. Je trouvais que cela était inutile mais si j'avais refusé Emma se serait beaucoup inquiétée pour moi. Il ne restait que 4 jours avant la reprise des cours ; moi je n'étais rentrée que la veille. J'étais installée dans le salon, en train de lire un livre tandis qu'à côté de moi Emma dessinait un costume de danseuse. Elle essayait, avec beaucoup de mal, de reproduire la même matière et les mêmes couleurs que son véritable costume. Je la regardais faire, mon livre fini depuis longtemps. Finalement elle se tourna vers moi avec son éclat de joie habituel dans les yeux.


« - Il était bien ton livre ?

- Oui, ça va... ».

J'avais envie de lui poser une question. C'était une question certainement un peu bête et qui n'avait pas de réponse précise. Pourtant je voulais connaître son avis mais je savais qu'elle serait triste. J'avais dû la regarder avec trop d'insistance en pensant à s'il fallait que je lui pose ma question car elle me sortit de mes pensées en me donnant un petit coup dans le bras.


« - Tu as quelque chose à me demander ?

- Comment tu fais pour toujours savoir quand j'ai besoin de te demander un truc ?
- Une intuition, me répondit-elle en haussant les épaules et en me souriant de plus belle, alors c'est quoi ta question ?
- C'est juste que je voulais savoir, à ton avis, pourquoi est-ce que la vraie vie ne ressemble pas autant aux contes de fées ? ».

J'avais dit cette dernière phrase d'une voix hésitante et en baissant la tête vers mon livre. Elle ouvrit la bouche pour me répondre mais aucun son ne sortit. A ce moment je sentis qu'elle était sur le point de pleurer et je compris pourquoi je faisais toujours semblant que tout allait bien, la raison était simple : je n'aimais pas voir les autres souffrir par ma faute, alors qu'ils n'y étaient pour rien, et surtout Emma. Pour changer de sujet je choisis de lui parler de son dessin.


« - Je le trouve très réussi ton costume.

- C'est vrai ! Tu trouves ? Parce que moi je pense qu'il pourrait être encore mieux ! ».

En disant ça, elle avait immédiatement retrouvé le sourire, je préférais la voir comme ça. Nous passâmes tout le reste de la journée à essayer d'améliorer son dessin, tout en parlant et en rigolant ensemble.

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Chapitre 7 (fiction 1) 06/12/2015


Je passai le reste des vacances chez moi. Je m'occupais comme je le pouvais. Finalement le jour de la rentrée arriva plus rapidement que je ne le pensais. Cela devait faire une quinzaine de minute que je secouais Emma dans tous les sens pour la réveiller. Au bout d'un certain temps je m'arrêtai et, en la regardant bien, il me sembla qu'elle était assez pâle. Je posai ma main sur son front, elle était brûlante de fièvre. Finalement, je partis, le plus discrètement possible, en la laissant dormir. L'automne était presque terminé mais les feuilles des arbres n'étaient pas toutes tombées et étaient teintées de rouge, de jaune et de orange. Ces feuilles me rappelaient le feu qui était devenu un incendie et avait tout détruit sur son passage. Je savais que je ne pourrai jamais oublier ce jour et même si je le pouvais, je ne le voudrais pas. C'était étrange, ce souvenir avait beau me faire mal, je ne voulais pas l'oublier. Cela s'était passé il y avait plus de 9 ans mais je m'en souvenais encore parfaitement.
Ce jour-là, j'étais partie chez Emma sans me douter de ce qui allait se passer. Mes parents étaient restés à la maison et j'étais sortie seule. Petite, Emma avait déjà eu l'allure d'une petite ballerine, souvent habillée de rose avec ses beaux cheveux blonds. Nous nous étions toujours amusées quand nous avions été ensembles, nous ne nous étions disputées que très rarement et ces disputes n'avait jamais duré longtemps.
Le reste de cette journée était passé normalement et, le soir arrivé, mes parents n'étaient pas venus. Ils m'avaient pourtant promis qu'ils viendraient me chercher mais ce n'avait pas été la première fois qu'ils m'avaient laissée tomber et n'avaient pas tenu leurs promesses. Finalement, le nuit était tombée sans qu'ils ne se soient montrés. J'avais marché dans la rue, seule et sans bruit. Soudain,des pas avaient retenti derrière moi. Je m'étais retournée et avais vu un petit garçon. Il avait eu l'air d'avoir mon âge et il avait avancé la tête baisse. Malgré ça, on aurait pu comprendre qu'il avait pleuré. Il avait dû sentir que je l'avais observé car il avait levé la tête et s'était arrêté en m'ayant fixé. Des larmes avaientt encore coulé sur ses joues. Comme il n'avait pas réagi, je lui avais souri et lui avais fait un signe de la main pour lui dire qu'il avait pu s'approcher. Il avait continué de me regarder tout en ayant avancé vers moi. Il avait séché ses larmes avant de me rendre mon sourire. Nous avions marché, côte-à-côte, sans dire un mot. Au bout d'un moment, je m'étais rendue compte qu'il s'était remis à pleurer. Je lui avais pris la main et, tandis qu'il m'avait dévisagé sans comprendre, j'avais déposé un bisou sur sa joue.

« Je ne sais pas pourquoi tu pleures et ça ne me regarde pas, avais-je dis en ayant secoué la tête, mais je pense que les gens qui te font pleurer ne méritent pas que tu sois aussi triste à cause d'eux... c'est un peu comme si tu les laissais gagner ! ».


Après quelques instants, il avait essuyé ses joues avec sa main, sans pour autant lâcher la mienne de l'autre, et m'avait souri de plus belle. Il n'avait pas eu le temps de me répondre, qu'un bruit ayant ressemblé à une explosion s'était fait entendre, il avait été suivi de cris. Il avait-il serré ma main un peu plus fort et s'était mis à courir vers le lieu d'où avait paru provenir tous ces cris. 


« - Allez viens, on va voir ce qu'il se passe, m'avait expliqué alors que je n'avais pas compris.
- Heu... oui, si tu veux. ».

Je me souvenais, qu'au début, je n'avais eu aucune idée de où nous étions allés mais au fur et à mesure que nous avions avancés j'avais commencé à avoir peur de comprendre. Nous étions arrivés devant une maison entièrement prise dans les flammes. Cette maison je l'avais bien reconnue, cela avait été là que j'avais habité avec mes parents. Des personnes avaient été regroupées autour et avaient tenté d'éteindre l'incendie. Je les avais entendu répéter qu'ils n'avaient pas su comment il s'était déclenché et que les deux blessés évacués avaient eu peu de chance de s'en sortir. J'avais lâché la main du petit garçon et m'étais avancée vers la personne la plus proche.

« Madame, ils sont où mes parents ? ».

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Chapitre 8 (fiction 1) 13/12/2015



Une fois arrivée au collège, je partis m'installer sur le banc. J'attendais que se soit l'heure d'aller en cours en continuant de penser à ce souvenir.
Je me rappelais que la dame, à qui j'avais demandé où avaient été mes parents, m'avait regardé d'un air triste sans sembler comprendre ma question.

« - Que racontes-tu ma petite ?
- Mes parents, avais-je dit en ayant pointé la maison toujours en feu et en ayant agrippé son haut, ils étaient dans la maison !
- Tu habites ici, , m'avait-elle demandé en ayant tourné son regard vers les flammes alors que j'avais acquiescé, ils ne pourront pas revenir alors... ».

J'avais reculé en ayant secoué la tête. Je n'avais pas pu y croire, je n'avais pas voulu y croire. Je m'étais apprêtée à avancer vers l'incendie quand j'avais senti que quelqu'un m'avait attrapé le poignet. J'avais tourné la tête et avais compris qu'il avait s'agit du garçon qui m'avait  accompagné jusqu'ici. J'avais essayé de me débattre mais il m'avait tenue fortement, m'ayant emp
êchée de pouvoir avancer. Il n'avait pas semblé vouloir céder et me lâcher.

« - Tu peux rien faire, ça sert à rien que tu y ailles !

- Lâche-moi ! je peux pas rester là à rien faire quand même !
- Calme toi ! Et puis c'est toi qui m'as dit de pas pleurer je te rappelle ! ».

J'avais porté ma main libre à ma joue, il avait eu raison, j'avais pleuré. Je ne m'en étais pas rendue compte. Mes larmes avaient redoublé. Ça avait été vrai je lui avais dit de ne pas pleurer. Mais la situation avait été différente, d'habitude je n'étais pas du genre à parler aux gens que je ne connaissais pas mais lui il avait vraiment l'air de souffrir sans rien pouvoir faire, comme moi.


« - Tu as raison je ne peux rien faire mais ce n'est pas pour ça que je vais tout laisser tomber sans essayer de sauver ce que je peux, avais-je lâché en ayant essayé une fois de plus de lui faire lâcher mon poignet

- Tu es du genre têtue quand tu t'y mets. Et tu comptes faire quoi une fois que tu seras dedans ? Te faire brûler ? ».

Je l'avais regardé, les yeux écarquillés. J'avais arrêté de me débattre. Il avait encore eu raison, je n'aurais réussit qu'à mourir en y étant allée. J'avais baissé la tête, incapable de prononcer un mot, tout en ayant continué de pleurer. Il avait lâché enfin mon poignet et m'avait pris la main, comme j'avais pris la sienne quelques minutes plus tôt. La dame qui m'avait expliqué que je ne verrai certainement plus mes parents avait encore été là. Elle nous avait regardé avec des yeux remplis de tendresse avant de nous emmener un peu plus loin pour que nous ayons pu nous asseoir sur le muret qui avait bordé le chemin. Quelques secondes, à peine, s'étaient écoulées et ma vue avait commencé à se brouiller, ma tête m'avait semblé lourde et mes poumons m'avaient brûlée. Finalement, tout étais devenu noir et je m'étais évanouie. Alors que mon corps avait été en train de basculer vers l'avant, j'avais senti que l'on m'avait attrapée par les épaules et que l'on m'avait secouée pour que je me sois réveillée. Cela n'avait pas marché. Ils avaient eu beau crier et me secouer, je n'avais pas réagi. Je ne sus pas combien de temps exactement j'avais passé dans le coma. Quand je m'étais réveillée, j'avais été allongée dans un lit et je m'étais trouvée dans une pièce presque vide. En plus du lit, il n'y avait eu qu'une table de chevet, une chaise, une armoire et quelques appareils. Des adultes étaient entrés, ils avaient tous été habillés de blanc. Ils m'avaient posé des questions, je n'avais répondu que par des mouvements de tête. Puis, ils étaient sortis ,m'ayant laissé seule avec une dame qui, jusque-là, était restée à l'écart. Elle s'était approchée et avait mis un genou à terre pour être à mon niveau.


« Il faut que tu saches que tes parents ne reviendront pas. ».


Cette phrase, on me l'avait dit pour la deuxième fois. Mais cette fois-ci, je n'avais pas réagi. Elle m'avait expliqué que j'avais été adoptée et que j'allais bien avec ma nouvelle famille. Elle avait fait une pause et m'avait annoncé que j'avais une santé plus fragile que les autres enfants et le fait d'avoir été exposée à la fumée de cigarette et à celle de l'incendie n'avait rien arrangé. Au contraire, mon état s'était aggravé et j'étais tombée malade. Les chances que l'on réussisse à me soigner étaient minuscules.

Ce jour-là, j'avais tout perdu, il ne m'était rien resté mais, malgré ça, je n'avais pas pleuré.

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Chapitre 9 (fiction 1) 19/12/2015


La sonnerie retentit enfin et je montai en cours. La matinée passa assez rapidement. Tout s'était passé normalement. J'étais en train de rentrer chez moi quand je fus stoppée par une quinte de toux. Elle ne s'arrêtait pas et j'avais une main qui couvrait ma bouche tandis que l'autre était contre le mur, qui me servait d'appui. Après quelques secondes, qui m'avaient semblé durer une éternité, elle se calma enfin, pourtant ma tête tournait et mes jambes tremblaient. Pour finir, mes forces m'abandonnèrent et je tombai. Mais, au lieu de m'effondrer sur le sol, je sentis que quelqu'un me retint par le bras. Je fermai les yeux et ne les ouvris plus. J'entendais des voix mais elles se faisaient de plus en plus lointaines. Sans que je puisse déterminer si cela arrivait vraiment ou si je l'imaginais seulement, j'eus la sensation que l'on m'avait enlevé mon sac et que l'on me portait. Les voix ne disparaissaient toujours pas et petit à petit elles commencèrent à me paraître de plus en plus audibles. J'avais l'impression de savoir à qui elles appartenaient mais je n'arrivais pas à m'en souvenir. Tout était flou dans ma tête, je ne me rappelais de rien. Tandis que j'essayais désespérément de rassembler mes souvenirs, les voix devinrent parfaitement distinctes.

« - Tu sais où elle habite au moins ?

- A peu près...
- Tu ne sais pas du tout où elle habite, c'est ça ?
- Je sais juste que ça doit être quelque part dans ce quartier ! »

Puis je n'entendis plus rien ; au moment où je sentis une douleur aiguë me transpercer le corps pour arriver jusqu'à ma tête, la majorité de ma mémoire me revint, tout comme suffisamment d'énergie pour enfin ouvrir les yeux. Je mis un peu de temps avant de réaliser que j'étais avec Maxime et Yuri et que celui-ci me portait dans ses bras. Je rougis immédiatement de la situation.


« - Ça ne sert à rien, on ne sait même pas où aller !

- Il faut tourner à droite au bout de la rue, murmurai-je dans un souffle.
- Tu t'es enfin réveillée ? , me demanda Yuri en baissant la tête vers moi.
- Je suis vraiment désolée..., dis-je en détournant le regard du sien pendant qu'il m'aidait à me relever.
- C'est pas grave... tu es assez légère...
- Ah heu... merci... ».

A ces mots, je rougis encore plus. Je pensai qu'il venait de réaliser ce qu'il avait dit car, lui aussi, se mit à rougir. Avant qu'un malaise ne s'installe, Maxime me tendit mon sac et en profita pour me demander des nouvelles d'Emma. Il avait beau faire comme si ça lui était égal, il était facile de voir que ce n'était pas vrai. Après avoir discutés un peu, j'ai voulu partir mais je me suis remise à tousser. Suite à ça ils ont insisté pour venir avec moi. Au début je refusais catégoriquement d'accepter mais voyant le temps passer j'ai fini par dire oui. Sur le chemin je ne dis plus un mot, ne faisant que les guider, je les laissais parler entre-eux. Je ne les écoutais que d'une oreille. Je ne comprenais toujours pas ce qui s'était passé exactement. Normalement je n'étais pas censée avoir ce genre de crise aussi tôt ; elles n'étaient censées avoir lieu que dans deux mois minimum. J'essayai toujours de me rassurer en me disant qu'il ne s'agissait que d'une coïncidence quand nous sommes arrivés devant la maison. J'ai ouvert la porte et j'ai fait un signe aux garçons d'entrer. Ils entrèrent en hésitant un peu. Je soupirai en fermant la porte, j'espérai qu'ils ne me demanderont pas ce qu'il m'est arrivé dans la rue. Sinon je devrai trouver une bonne excuse. Après avoir posé mes affaires, je vis Emma dans le salon. J'allais lui demander comment elle allait mais elle me devança et me dit qu'elle se sentait en pleine forme. Pendant que je partis chercher de quoi manger dans la cuisine, Emma commença à parler avec nos invités qui s'étaient installés. Finalement, ils sont restés une bonne partie de l'après-midi, puisque nous avions terminé les cours pour aujourd'hui cela ne posa aucun problème. Quand ils partirent, Emma n'arrêta pas de ma demander ce qu'il s'était passé et je dus me résigner à tout lui raconter.

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Chapitre 10 (fiction 1) 26/12/2015




Les semaines s'enchaînèrent et la plupart des jours furent enneigés. Le temps était passé à l'hiver et Noël approchait rapidement. Aujourd'hui, nous avions pas cours et, ma s½ur et moi, avions décidé d'aller acheter nos cadeaux ensembles. De toute façon je n'avais rien d'autre à faire. Comme je faisais des crises de plus en plus souvent, je n'avais plus le droit de sortir seule et toutes mes activités étaient désormais réglementées : je ne pouvais presque plus rien faire librement ; même le patinage m'était presque interdit. Je trouvais cela injuste mais je ne disais rien, à quoi bon me disputer avec des parents qui n'étaient même pas les miens et puis je n'étais pas vraiment sûre que tout se passe bien si je refusais de leur obéir.

Après avoir terminées nos achats, il nous restait un peu de temps et nous avions décidé d'aller dans des boutiques pour essayer quelques tenues avant de rentrer. Je m'assis sur une chaise pendant que ma demi-s½ur se changeait dans l'une des cabines d'essayages. Elle sortit, habillée d'un t-shirt blanc aux bords bleus et d'une jupe assortie de couleur bleue. Quand elle tendit le bras vers son sac pour récupérer quelque chose, je vis que ses bras étaient recouverts de marques et de blessures. J'avais beau lui demander comment elle se les était faites, elle refusait de me répondre et ne faisait que me répéter que ce n'était rien. Elle avait fini par retourner se changer sans que je puisse apprendre quoi que se soit mais j'étais déterminée à trouver ce qui c'était passé. En général j'étais assez timide mais je ne pouvais pas ne rien faire après avoir vu ça. Je continuai de me torturer l'esprit pour essayer de comprendre la situation. Nous sommes sorties de la boutique et nous nous sommes dirigées vers chez nous. Sur le chemin nous avons croisé Maxime qui rentrait, lui aussi, chez lui. Comme il devrait prendre le même chemin que nous, nous avons décidé de le poursuivre tous les trois. Je restai un peu en arrière, les laissant parler ensemble. Arrivés au premier croisement, je pris une route différente de la leur. Elle était certes un peu plus longue mais j'arriverai quand même à rentrer et comme ça je les laissai entre eux. Je ne savais pas vraiment pourquoi mais j'avais l'impression que ces deux-là s'appréciaient plus qu'ils ne voulaient le faire croire mais je préférais ne rien dire, de peur de me tromper.

A la moitié du trajet, je me fis interpeller par une fille. Je ne lui avais jamais vraiment parlée auparavant. Elle n'avait pas l'air d'être méchante pourtant elle restait presque tout le temps avec Liza. En marchant avec elle, je compris qu'elle n'était pas du tout comme Liza. Elle s'appelait Tara et elle restait avec ces filles dans l'espoir de se faire accepter et de s'intégrer. D'un côté, je la comprenais, ce n'est jamais facile de se retrouver seul et elle ne pouvait pas savoir que derrière leurs visages de gentilles filles se cachaient des personnes qui profitaient et s'amusaient du malheur des autres. Je ne savais pas vraiment pourquoi mais elle semblait assez stressée et hésitante. Au bout d'un moment, elle commença à me parler de ma s½ur. Finalement, sans que je ne lui demande ou pense à lui demander, elle me raconta ce qu'il s'était passé avec Emma. J'en restai sans voix. Pour certaines personnes, cette situation pouvait paraître sans importance et même un peu stupide mais, pour moi, c'était tout le contraire.

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Chapitre 11 (fiction 1) 09/01/2016


Pour régler le problème d'Emma, j'avais essayé de joindre la personne qui en était responsable. Cela faisait une semaine que j'avais obtenu son numéro de téléphone mais elle ne me répondait jamais. Aujourd'hui, nous étions au plein milieu des vacances, le jour de Noël plus précisément, et je n'avais toujours pas réussi à lui parler. Ce matin je m'étais réveillée bien avant tout le monde. Après m'être habillée chaudement, j'avais déposé les cadeaux que j'avais achetés sur la table du salon. Je pris un peu d'argent, mon portable et des petits trucs pouvant m'être utiles et je les mis dans mon sac avant d'enfiler une veste et de sortir.

Noël n'était pas un jour pour moi et il ne l'avait jamais été. Il s'agissait d'une fête qui se célèbre en famille. Pourtant, j'avais beau chercher, je n'avais aucun souvenir d'un moment joyeux ce jour-là, avant et après m'être fait adopter. Après que la famille d'Emma m'ait recueilli, je sortais chaque année le jour de Noël, ça m'évitait de le passer avec une famille qui n'était pas la mienne. Cette année ne ferait pas exception. Dehors un vent violent soufflait de temps à autre, faisant voler dans tous les sens les petits flocons de neige qui tombaient du ciel. Je marchais sans trop savoir où aller, sans me soucier du froid et de la neige qui mouillait mes cheveux. les rues étaient désertes et aucun bruit ne se faisait entendre. J'arrivai rapidement au parc. Je m'approchai d'un banc et, après avoir enlevée la neige qui le recouvrait, je m'assis. Peu à peu le parc s'anima ; les enfants jouaient, les parents discutaient entre eux et certains se faisaient même tirer par leurs enfants qui voulaient rentrer au plus vite pour ouvrir leurs cadeaux. Je ne faisais rien de particulier, je restais là à attendre que le temps passe. Je fouillai dans mon sac sans vraiment savoir quoi chercher. Machinalement, mon regard se posa sur une petite peluche au fond de mon sac. Je la sortis et la posa sur mes genoux. Il s'agissait du petit chat en peluche que Yuri m'avait offert le soir d'Halloween. Je me demandai pourquoi il me l'avait donné. Certainement parce qu'il n'avait trouvé personne qui le voulait. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais cette pensée me faisait mal, ça me faisait horriblement mal de me dire que pour les autres je n'étais sûrement que la fille qui récupérait ce que les autres ne voulaient pas. J'essayai de chasser cette idée mais elle resta ancrée dans ma tête et, sans que je ne m'en rende compte, une larme coula le long de ma joue. Je l'essuyai et d'autres coulèrent formant désormais un torrent de larmes. Malgré ça je souriais encore, même si mon sourire était plus petit qu'au début de cette journée, il était toujours là. Après quelques minutes je réussis à me calmer, je rangeai la peluche dans mon sac avant de me lever. Je me remis à marcher, me laissant guider par mes jambes. je montais dans différents bus et traversaient les rues en me rendant à peine compte de ce que je faisais. je m'arrêtai devant un lac. Je regardais mon reflet dans l'eau. Je ne voyais qu'une petite fille incapable de s'affirmer quand il le faut et dont personne ne voulait. Je sentis mon portable vibrer sous mes doigts. Je décrochai.


« - Allô ?

- Salut Séléna. Je savais que tu essayerais de m'appeler.
- Ah bon ?
- Oui bon, ne nous éternisons pas là dessus. Tu veux me parler de ta s½ur c'est ça ?
- Exact...
- Bien, je vais essayer d'être rapide. Disons que je suis au courant pour ta maladie et quand Emma l'a su elle ne voulait pas que je le dise à quelqu'un. Je lui ai donc proposé un marché...
- Elle acceptait de se tabasser et toi tu ne disais rien..., murmurais-je.
- Parfaitement ! Mais je n'ai pas l'intention de m'arrêter là ! Elle ne se fera pas battre qu'une fois ! A moins que je ne romps le contrat en révélant tout, à tout le monde. ».

Je jetai un dernier regard à l'image que me renvoyait l'eau. Si j'acceptais, Emma irait bien maintenant. Je n'hésitai pas plus longtemps.


« C'est bon Liza, tu peux le dire à qui tu veux... ».

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