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Chapitre 4 (fiction 1) 16/09/2015


Je me réveilla péniblement, j'avais la tête lourde. Je me préparai malgré tout pour pouvoir aller voir ma demi-s½ur qui était assise dans la cuisine en mangeant son petit déjeuner. Dès qu'elle me vit, son visage afficha un immense sourire et elle me montra, avec un air triomphal, sa feuille d'exercices de maths.

« - Tadam !!! On l'a enfin terminé!
- Tu as l'air soulagée. ».

Après elle me raconta qu'ils avaient eu beaucoup de mal à la terminer et qu'en plus ils y avaient passé presque tout l'après-midi à parler d'autre chose que les maths. Après ma demi-s½ur partit à son cours de danse. Par rapport à moi, elle avait la chance de pouvoir exercer sa passion pendant des cours et donc de s'améliorer. Moi, les médecins m'interdisaient de prendre des cours de patinage. Ils affirmaient que ça demandait beaucoup trop d'endurance pour mon cas. Quand elle revint, elle tenait le courrier du jour. Il n'y avait qu'une seule lettre, le reste n'était que des publicités. Elle enleva ses chaussures et posa son sac. Elle ouvrit doucement l'enveloppe et lut la lettre. Plus elle avançait dans sa lecture, plus je voyais ses mains trembler et son regard se figer. Sans un mot elle me tendit la lettre. Je la parcourus rapidement  du regard. Il s'agissait d'une lettre de l'hôpital et ils ne nous annonçaient pas de bonne nouvelle. Quand je relevai la tête, Emma pleurait. Je la pris dans mes bras.

« - Je suis désolée, s'excusa-t-elle, ce n'est pas moi qui devrait pleurer mais toi.
- Ce n'est pas grave.
- Il faut que je le dise à papa et à...
- Non !!! , dis-je avec un ton paniqué.
- Mais...
- Ecoute, depuis hier ils ont l'air très heureux parce qu'ils ont signé un gros contrat avec une autre entreprise. S'il te plait attend un peu avant de leur dire.
- Comme tu veux. En attendant je vais mettre cette lettre dans mon sac de cours. Comme ça ils ne la trouveront pas.
- Merci. ».

Ce qu'Emma ne savait pas c'est que si je n'avais pas pleuré c'était parce qu'un médecin m'avait déjà dit tout ce que disait cette lettre à l'hôpital. Les jours passèrent. Emma et moi avons montré le courrier de l'hôpital à nos parents alors que leur enthousiasme était à peine tombé. Quand j'ai vu leurs visages passer du bonheur à la tristesse je m'en voulus de ne pas avoir insisté pour ne rien leur dire.

Aujourd'hui, à peine arrivées au collège qu'une fille de ma classe se précipita sur Emma et moi pour nous donner un prospectus. C'était pour faire savoir que le dernier jour avant les vacances de la Toussaint tous les élèves devraient venir déguisés. Le thème était bien sûr «Halloween» et dans chaque niveau on élirait le plus beau déguisement. Je trouvai que c'était une bonne idée ; ça pourrait être amusant mais je me demandai s'ils faisaient ça dans les autres collèges. Le seul détail était que ni Emma ni moi ne savions en quoi nous allions nous déguiser mais le veille des vacances étaient dans un peu moins de deux semaines ;  on aurait le temps de trouver. Nous montâmes ensuite en classe et les cours passèrent normalement même si, à la fin du premier cours, en attendant que notre prochain professeur arrive, Yuri et Emma me volaient mes affaires et refusaient de me les rendre. Après plusieurs tentatives je réussis à presque tout récupérer, il ne restait que mon cahier d'anglais que Yuri balançait devant moi et enlevait juste avant que je ne l'attrape. Au bout d'un moment il me le rendis, il avait dû avoir pitié de moi. Je le remerciai en souriant tandis qu'il détournait la tête. Je n'en était pas sûre mais il me semblait qu'il rougissait un peu.

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Chapitre 4 (fiction 2) 10/04/2018

Chapitre 4 (fiction 2)

[ PDV Elmoon ]

Nous, les Esprits, étions les créateurs de ce monde, ceux qui avaient veillé sur chaque parcelle de terre, qui avaient animé les champs et les torrents de nombreuses créatures, qui s'étaient assurés qu'un ciel changeant ait toujours surplombé l'horizon et avions réalisé tant d'autres prodiges qu'il me serait impossible de tous les citer. La fabrication des humains en avait bien sûr fait partie. A mon sens, nous n'aurions jamais dû. Je haïssais les Hommes. Cela n'avait rien de secret, même pour eux. Je n'étais pas la seule à penser de la sorte, d'autres avaient rejoins ma cause. J'avais recueilli tant d'alliés que notre communauté supérieure s'en était retrouvée divisée en deux. Notre parfaite harmonie s'était brisée. Encore aujourd'hui, mon unique regret restait de ne pas avoir reçu le soutien de la personne comptant le plus pour moi. Elle s'était liguée contre ceux ayant voulu remettre ces bipèdes dotés de magie à leur place. Pire, elle et ses coéquipiers les avaient fait tomber, m'avaient fait faite tomber. Puis les années avaient passé. Notre querelle n'ayant évidemment pas échappé aux humains, les vainqueurs avaient pris l'initiative de conclure une alliance avec eux. Comme tous les Esprits, j'avais dû m'y plier. Elle en avait été heureuse. Elle avait naïvement cru que j'aurais fini par apprécier ces êtres nous étions à l'origine. A force de les côtoyer, elle avait pensé que leurs qualités m'auraient adoucie et que j'aurais revu mon jugement. Je leur avais laissé une chance mais ma ranc½ur et mon dégoût à leur égard n'en avait été que plus nourri. Stupides et mauvais, ils ne méritaient aucun des cadeaux que nous leur avions faits.

On pourrait croire qu'être piégée dans la psyché de cette enfant me révolterait. Il n'en était rien, et ce,  parce que cela résultait de ma décision. Cette fille était née exclusivement pour me servir d'hôte, je le savais bien. Malgré ce fait, je pensais que, dans d'autres circonstances, je l'aurais tout de même choisie. Elle demeurait différente du reste des humains. Elle agissait selon sa propre logique, ignorant les fondements de celle gouvernant la majorité des gens. Sa vie, elle la mènerait comme elle l'entendrait. Ça la rendrait forte et faible à la fois. Je me chargerais de la guider. Je ne pouvait faire autrement. Sous la contrainte d'une promesse, je l'avais réveillée dans un monde qu'elle ne connaissait plus alors que j'aurais souhaité qu'elle en disparaisse définitivement. Seul l'avenir pourrait me dire si mon choix eut été le bon. En attendant, je veillerais sur ma poupée.


Quand la carriole s'arrêta une nouvelle fois, Alice pensa à une autre attaque. Elle soupira doucement. Nous n'avions repris notre route que depuis une heure, elle aurait peut-être préféré se reposer encore un peu. Elle se résigna malgré tout à remplir sa part du marché. Cependant, quand elle s'apprêta à se lever, la bâche qui nous couvrait se souleva laissant apercevoir le marchand ainsi qu'une jeune fille aux cheveux dorés. Ses yeux verts fixant Alice se voilèrent instantanément de regret. Ensuite, une lueur d'espoir les ranima, la faisant revenir à la réalité par la même occasion. Elle fouilla dans le sac à dos de cuir qu'elle portait que sur une épaule et en sortit une dizaine de pièces d'or. L'argent finit entre les mains du marchand avide de richesses. Ce dernier souriait d'un air béat pendant que la jeune fille montait dans le chariot.


« Franchement, je trouve votre prix un peu exagéré. Ça m'apprendra tiens, j'aurais dû continuer à marcher.

- Changez-vous d'avis ?
- Vous ne devriez pas être en train de conduire, vous ? Je suis pressée, je vous rappelle, alors dépêchez-vous ! , ordonna-t-elle avant de se tourner vers la brune, et puis, vous conviendrez que je ne peux pas laisser une autre fille seule avec vous. Toi aussi, tu as dû payer pour qu'il t'emmène ?
- Oui mais je paie en service. Je le protège et, en échange, il me mène à Miren. »

Assises l'une en face de l'autre, les deux filles ne disaient plus rien. Alice en profita pour la détailler du regard. Sa chevelure blonde lui retombait en cascade dans le dos mais avait été maintenue au sec par une capeline orange. En-dessous de celle-ci, on pouvait entrevoir une longue tunique jaune pâle qui contrastait fâcheusement avec son pantalon noir et ses bottes de cuir. Le peu de maquillage couvrant son visage suffisait à la rendre éblouissante. Son visage arrondi et ses lèvres roses lui donnaient un air d'un enfant trop mature pour son âge. Elle était indéniablement élégante. De plus, l'aura qu'elle dégageait agissait sur son entourage tels des rayons de soleil. Douce et réconfortante tout en restant puissante, elle fit intérieurement sourire ma petite hôte. Cette nouvelle arrivée m'intriguai J'aurais tellement voulu que ses bras soient à découvert mais ils étaient protégés par ses vêtements. Lorsque je l'avais vue, le rire cristallin de la seule personne m'ayant déjà vaincue avait résonné en moi. Cette fille avait toutes les chances d'être son réceptacle, elle ressemblait énormément à cette gamine l'ayant abrité par le passé. Comment pouvais-je en avoir la certitude ? L'éventualité que son ancienne hôte soit morte et que cette ressemblance ne résulte que du hasard ne pouvait être écartée. Le doute me faisait frémir d'impatience. Ce soir, toutes mes interrogations obtiendraient leurs réponses.

Le froissement d'un papier attira l'attention d'Alice qui était restée intriguée par un élan d'émotions. En relevant la tête, elle découvrit que l'autre jeune fille s'affairait à ouvrir un petit paquet. Comme elle n'arrivait pas à voir au-delà des feuilles jaunies par le temps, ma poupée se pencha légèrement en avant e put ainsi distinguer des gâteaux en formes d'étoiles. Tous dorés, ils pouvaient tenir dans la paume d'un enfant. Sans hésiter, la blonde nous en tendit un. Elle souriait et ses joues étaient roses de bonheur.

« Nous allons toutes les deux au même endroit. Je pense que nous passerons beaucoup de temps ensemble alors que dirais-tu de faire connaissance ? Comment t'appelles-tu ?
- Alice. Alice Onde et toi ?
- Onde ..., relève-t-elle pensive, je vois ... Moi, c'est Olianna. »

Il n'en fallut pas plus à mon hôte pour attraper la pâtisserie qu'on lui offrait. En en croquant le bout, elle sentit une confiture douce, sucrée et légère se poser sur sa langue. Je reconnus ce goût de baies argentées, ces fruits que nous aimions tant, Alice et moi. Tandis qu'elle grignotait son sablé tout en posant divers questions à sa nouvelle compagne, laquelle y répondait avec enthousiasme, je riais doucement. Cette enfant était décidément bien naïve. Elle discutait de la vie d'une personne, qui, en retour l'interrogeait sur son histoire, sans se douter une seule seconde de sa véritable identité. Olianna prenait garde de ne dévoiler que l'essentiel à son sujet mais j'avais déjà suffisamment d'indices. Un instant, j'avais craint qu'Alice ait également compris. Le plaisir presque niais qu'elle avait ressenti face au goût des baies avait été si similaire à celui qu'elle avait éprouvé il y avait si longtemps qu'il m'avait effrayé. Cette petite avait toujours apprécié ces petits fruits qui ne poussaient que s'ils étaient éclairés par des rayons de lune. Dans ce royaume, on ne pouvait en trouver qu'en un seul lieu, la capitale. Si elle s'était souvenue de ce détail, ma mission se serait compliquée. Le simple fait d'avoir rencontré cette jeune fille blonde aurait pu me poser problème. Cependant, je me refusais de les séparer, autant pour moi que pour ma protégée.

Finalement, je n'aurai pas eu à attendre pour avoir confirmation de mes soupçons. Le prénom de la blonde, son aura, son apparence et sa manière d'agir, impossible que je ne me trompe. Olianna était bel et bien l'hôte d'Elena.

Miren, une ville construite en l'honneur de Miraï, plaisait énormément à Alice. Aimant découvrir le monde, elle n'avait pas attendu plus d'une seconde après l'arrêt de la calèche pour en sortir. Malgré la pluie battante, la vue de cette ville lui était primordiale. Au centre de la cité, une immense tour s'élevait si haut que son sommet nous était invisible. De ce point aérien, de l'eau s'écoulait en permanence. Ces cascades claires et limpides s'abattaient lentement au pied de la tour avant de se disperser en une vingtaine de fleuves qui parsemaient la ville. Autant terrestre que maritime, la vie en ces lieux s'était parfaitement accommodée à ce surplus d'eau. Ma poupée de bleu et blanc vêtue observait attentivement les pirogues, flottant au milieu des poissons, voyager entre d'épais trottoirs de pierre grise. Selon ses goûts, il était donc possible de se déplacer à pied ou par voies navales. Voulant en voir davantage, elle commença à avancer. Elle savait où elle devait se rendre, cette tour perceptible à des kilomètres restait sa destination, pourtant elle aurait souhaité un peu plus les environs. Le temps manquait. Je lui promis que dès mon événement passé, je lui laisserai le loisir de faire de faire comme il lui plairait. Réjouie, elle ne fit aucune objection et se mit en tête d'atteindre mon but au plus vite. Malheureusement, elle ne put aller au-delà de deux mètres qu'elle s'arrêta et se retourna, appelée par quelqu'un. Avec étonnement, la jeune fille constata qu'il s'agissait d'Olianna. Les deux enfants se firent à nouveau face, l'une souriante malgré les quelques mèches blondes lui collant à la peau et l'autre, la mine neutre, lui rétorquant qu'elle ne savait même pas où elle allait. Un rire s'échappa des lèvres de la blonde qui réajusta sa capuche sur sa tête avant de répondre.

« La tour de Miraï. C'est une évidence, il n'y a que là-bas que tu pourrais te rendre.
- Le monde est vaste. Comment as-tu fais pour le deviner ?
- Déjà, si tu me poses cette question, ça veut dire que j'ai raison. Ensuite, c'est simple. Tu t'y rends parce que, toi aussi, tu es une hôte. »

Un humain normal serait certainement resté interdit devant une telle révélation. Il fallait dire que, mystérieuse jusqu'au bout des ongles, jamais cette jeune fille n'avait laissé échappé qu'elle partageait son corps avec un Esprit et, à cet instant, elle avait simplement lâché cette information comme si elle était futile. Cependant, Alice n'avait rien de normal. Ma poupée se contenta de demander à son interlocutrice si elle souhaitait faire le chemin avec elle. Alors que ses yeux émeraude se mettaient à briller d'un éclat de joie enfantin, Olianna attrapa naturellement la main de la brune et l'entraîna dans les rues de Miren en la sommant de se dépêcher. Je soupirai face au manque de réaction de ma poupée. Elle connaissait à peine cette fille mais la suivait comme si elles étaient de grandes amies. Dans la cas présent, cela ne me posais pas de problème cependant je m'inquiétais pour ses futures rencontres. Que se passerait-il le jour où elle ferait la connaissance d'un être malintentionné ? Bien sûr, je ne lui cacherais jamais mes impressions sur les personnes dont elle croiserait le chemin. J'espérais simplement qu'elle m'écoute toujours. Me sentant agitée, ma petite poupée me demanda si la présence d'Olianna me gênait. Immédiatement, je lui affirmais le contraire et ajoutai qu'elle avait l'air d'une gamine à se laisser traîner de la sorte par cette autre jeune fille. Elle rit intérieurement. Physiquement, seule l'emprise qu'elle avait sur la main de sa guide de fortune se resserra.

Il ne fallut pas plus de dix minutes pour que ces fillettes n'atteignent les premiers abords du c½ur de la ville. Elles ralentirent alors leur marche. Plus elles avançaient, moins il  y avait de monde. La population fuyait la tour et ses alentours. Alice le remarqua bien vite.

« Les gens doivent certainement avoir peur de Miraï.
- Qui est-ce ? , me demanda mentalement mon hôte.
- Une Esprit. Elle se charge du maintien de l'élément Eau.
- Tu la respectes beaucoup, n'est-ce pas ? »

Je ne pus m'empêcher de sourire à ces mots. Si je respectais Miraï ? L'expression était faible. Miraï m'avait toujours soutenue. Elle partageait mes idéaux et mon avis au sujet des humains. Elle me louait une confiance sans limite et je le lui rendais volontiers. Malgré tout, cette amie gardait une personnalité marquée et n'hésitait jamais à me faire savoir quand elle trouvait que j'agissais de manière irréfléchie. Cela avait longtemps été le cas et je restais sûre que, bien que le temps ait passé, rien n'avait changé. Miraï était définitivement une personne forte au grand c½ur. En dépit de tout ça, les Hommes persistaient à s'éloigner d'elle et de tout ce qui en se retrouvait lié.

« Elmoon, pourquoi les humains détestent-ils les Esprits ?
Ce n'est pas aussi simple que ça. Certains d'entre nous sont appréciés.
- Les habitants d'Ewakia avaient peur. Au début, je croyais que je les effrayais mais, en réalité, c'était toi. Pourtant, ils n'avaient pas l'air de savoir ton prénom. Ça veut dire qu'ils t'ont jugée sans te connaître ?
- La marque d'un hôte en dit beaucoup sur l'Esprit qui l'habite. En la voyant, tu peux en tirer deux informations. La première est une vague idée de ce que nous pensons du monde.
- Donc, c'est sur un avis personnel que l'on te juge ?
- Principalement. Petite poupée, t'es-tu demandée pourquoi le marchand a immédiatement fait confiance à Olianna ?
- Parce qu'elle l'a payé ?
- Ça a dû jouer, ris-je, mais je pense surtout qu'en apercevant sa marque, il a compris que, il y a longtemps, son Esprit a protégé les humains. Il se disait sûrement qu'elle le défendrais si jamais tu te décidais à l'attaquer.
- Et toi, Elmoon, tu n'as pas voulu nous protéger ?
- Je déteste les humains ! Ces horribles, ces affreux, ils n'ont de respect pour rien ! Ils ... Ils ont ... Je ne leur pardonnerai jamais ! Et jamais, je ne les défendrai ! »

Alice se contenta d'acquiescer. Je me blottis dans un coin, attendant que ma fureur se tasse. Elle se tassait toujours pourtant elle ne disparaissait jamais.

" Immense " était un mot trop faible pour décrire la Tour de Miraï. Sa hauteur dépassait largement celle de la plus haute montagne du royaume. Pourtant, les flots qu'elle dégageait sans cesse ne chutaient pas. Non, ils coulaient, calmes et sereins, comme guidés par une force mystérieuse. Si de loin, ces torrents laissaient parfaitement voir la tour, de près, ils formaient un rideau d'eau si dense qu'il mettait en doute l'existence de la bâtisse. Alice et Olianna en firent le tour. Elles devaient entrer mais ne trouvèrent aucune issue. Après quelques minutes d'inutiles recherches, Olianna se laissa glisser sur le sol. Elle souffla que d'autres personnes finiraient par les rejoindre et qu'ils pourraient réfléchir à plusieurs. La brune, peu convaincue, balaya la zone du regard. Il n'y avait pas âme qui vive. Elle reporta son attention sur la cascade la plus large.

« Se serait plus simple de directement la traverser. »

Sans attendre de réponse de la part de la jeune fille à la capuche orange, ma poupée s'approcha du bord de l'eau puis commença à s'y engouffrer. Alors qu'elle se plongeait doucement dans le lac entourant la tour, la blonde se releva d'un bond et se précipita vers elle. Elle attrapa le bras nu d'Alice. L'eau lui montait déjà jusqu'au bassin.

« Tu es folle ou quoi !? Sors de là ! On ne sait pas ce qu'il peut y avoir dans cette eau !
- Elle est juste froide ...
- Sors ! »

Un soupir s'échappa des lèvres de la jeune fille. Elle se résigna à obéir. Pourtant, elle ne pût s'empêcher, alors que ses bras cherchaient encore un appui solide pour la hisser, de jeter un dernier regard à la cascade. Elle stoppa tout geste. De l'autre côté, à travers les flots, quelque chose brillait. La brune leva la tête et constata que le Soleil se frayait lentement un chemin à travers les nuages. D'ici quelques heures, la pluie et l'obscurité recouvrant le ciel seraient chassés. Mais en attendant ce moment, les rayons de lumière, réussissant déjà à passer les nuages, illuminaient d'un faible éclat un petit objet. Alice plissa les yeux. Elle reconnut une poignet de porte. Quand elle mit Olianna au courant, elle ne reçut qu'un ordre de plus en guise de réponse.

« Mais l'entrée est juste là.
- Moi, je ne vois rien. Allez, Alice, tu ne vas pas rester comme ça toute la journée !
- Tu ne m'écoutes même pas, lâcha la brune après plusieurs secondes de silence, tu es comme tous les autres. Tu ne me fais confiance que lorsque ça t'arrange. »

Ma petite poupée ne s'en rendit peut-être pas compte mais elle venait de blesser la fille aux cheveux de la couleur du Soleil. Celle-ci serra les poings et se mit à trembler, le visage baissé. A cet instant, je ressentis quelque chose d'étrange pour cette enfant. Elle me faisait de la peine. Ce n'était pas cette peine qui nous paralysait, nous empêchait d'agir correctement et ravivait les souvenirs les plus tristes. Non, c'était plutôt le genre de peine que l'on pouvait partager, qui donnait envie de prendre l'autre dans ses bras puis de l'aider à se relever pour qu'il ne souffre plus comme on le faisait. Je chassait cette idée ridicule de mes pensées avant d'observer à nouveau la scène. Olianna tremblait toujours. Soudain, elle força un peu plus sur ses poings, laissant entrevoir de pâles phalanges, et libéra une longue inspiration. Retrouvant un semblant de calme, elle rejoignit mon hôte dans l'eau. Ce ne fut que lorsque ses pieds touchèrent le fond qu'elle murmura qu'elle était différente des autres.

A la surprise générale, la porte n'était pas verrouillée. Trempées, les deux jeunes enfants se concertèrent d'un rapide coup d'½il et, par un commun accord réalisé dans le silence, elles entrèrent dans la Tour de Miraï. L'intérieur n'était éclairé que par des chandelles régulièrement disposées sur les murs d'un blanc immaculé. La salle dans laquelle nous avions pénétrée, circulaire et pourvue d'un puits peu profond où des poissons translucides nageaient, ce comportaient aucun meuble. Les lieux paraissaient totalement abandonnés. En levant la tête, Alice apercevait un point bleu clair qu'elle jugeait être le lointain sommet de l'édifice sûrement formé d'un vitrail. Elle repéra ensuite un escalier de pierre situé de l'autre côté de la mare. Il brillait comme s'il avait récemment été frotté. Elle renifla et sentit une odeur de sieur et un parfum sucré et iodé indiquant qu'un ménage avait été fait. Olianna l'imita et en arriva à la même conclusion.

« Hé ! Je peux savoir comment vous êtes entrées ? »

Synchroniquement, Olianna et Alice se tournèrent. Assise sur une marche d'escalier, une autre jeune fille les fixait d'un air curieux.

Chapitre 4 (fiction 2)

Quel est le véritable lien entre Alice et son Esprit ?
Qui est cet Esprit qui a autrefois vaincu Elmoon ?
Pourquoi Elmoon déteste-t-elle les humains ?
Qui est réellement Olianna ?
Qui est cette fille présente dans la Tour de Miraï ?

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