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Chapitre 3 (fiction 1) 29/08/2015


Les jours qui suivirent étaient calmes et Liza nous laissait tranquilles. Elle nous lançait toujours un regard plein de haine mais, comme nous l'avait dit les garçons, nous n'y faisions pas attention. Pendant le cours de maths, on nous demanda de faire une fiche d'exercices à réaliser en binôme avec notre voisin. Yuri et moi la terminâmes rapidement mais Emma et Maxime passèrent presque tout leur temps à discuter, enchaînant les discutions calmes et les disputes. Finalement, le professeur leur demanda de finir la fiche chez eux avant le cours de lundi. Ils décidèrent que Maxime viendrait chez nous ce week-end pour qu'ils la fassent.

Le week-end arriva et, tandis que je mettais mes patins dans mon sac, Emma me demanda pour la centième fois, si j'étais sûre de vouloir sortir. Si elle me posait cette question c'était parce que ses parents lui avaient toujours dit de ne pas me laisser sortir seule trop longtemps. Ils étaient très protecteurs avec moi et me considéraient comme leur fille alors que je ne l'étais pas. Après lui avoir dit je ne resterais pas longtemps, je sortis.

Le soleil était déjà haut dans le ciel et les rues étaient très animées. Une fois arrivée, j'enfilai mon justaucorps, mes collants et mes patins avant de mettre à glisser sur la glace. Je patinais doucement, puis plus rapidement et j'enchaînais les sauts et les pirouettes jusqu'à avoir mal partout. J'ai regardé l'horloge murale, ça faisait deux heures que j'étais ici et puisque j'avais promis à ma demi-s½ur de ne pas rester longtemps je dus descendre de la surface de glace. En sortant j'étais perdue dans mes pensées et je me cognai contre quelqu'un. En voyant son visage, je me demandai pourquoi le hasard voulait que je le croise aussi souvent. Yuri se tenait devant moi et me tendait une main pour m'aider à me relever. Nous discutâmes un peu puis chacun est parti de son côté. Quand j'arrivai Emma me dit que Maxime arriverait dans peu de temps. On attendit qu'il soit là en regardant un film toutes les deux. Plus tard, Maxime sonna et ma demi-s½ur lui ouvra la porte. Je lui dis rapidement bonjour avant d'aller dans ma chambre pour ne pas les déranger. Je fermai la porte à clé et je me recroquevillai sur mon lit. Puis, la tête posée sur mes genoux, je me suis mise à pleurer. Je pleurais en faisant le moins de bruit possible pour ne pas me faire entendre. Je n'arrivais pas à m'arrêter, j'étais triste parce que j'étais en train de réaliser que bientôt je ne pourrais plus voir les gens auxquels je tenais. Je suis restée dans ma chambre toute l'après-midi. J'essayais de m'occuper comme je le pouvais mais je trouvais le temps long, en plus je n'arrivais pas à empêcher quelques larmes de couler de temps à autre. Quand Emma vint me voir pour me dire que l'on allait bientôt passer à table, je lui dis que je n'avais pas faim.

« - Tu vas bien?, me demanda-t-elle alors avec un ton légèrement inquiet.

- Oui, oui ne t'inquiète pas. ».

Pourtant j'évitais de la regarder en face car j'avais encore les yeux gonflés et brillants et le visage un peu rouge à force d'avoir pleurée toute l'après-midi. Elle me regarda longtemps avec un air soucieux puis elle est partie.

J'étais allongée dans mon lit en écoutant les bruits divers de la maison : la porte s'ouvrant quand mes parents rentrent, les couverts et les assiettes que l'on pose sur la table puis dans l'évier pour les laver et des voix murmurant des choses presque incompréhensibles. Je finis par m'endormir, emportée par la fatigue.

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Chapitre 3 (fiction 2) 16/02/2018

Chapitre 3 (fiction 2)

Assise dans un coin d'une charrette, je regardais défiler le paysage tandis que la pluie cognait contre la bâche nous protégeant, les marchandises et moi. Au sec mais à la merci du vent, je me blottis entre deux caisses remplies de babioles en tout genre. Je doutais que beaucoup aient une réelle valeur mais, au fond, ça m'importait peu. Le fait que la personne conduisant la charrette veuille absolument les mettre sur le marché avant demain était une grande chance pour moi. Un murmure d'approbation résonna dans ma tête. La voix, dont j'en savais un peu plus désormais, m'annonça que, bientôt, nous arriverions à Miren, ville où devait se dérouler un événement important selon elle. Elle prévoyait que nous y serions en début d'après-midi, ce qui me laisserait assez de temps pour trouver la Tour de Miraï. Soudainement, le véhicule s'arrêta. Cela fut si brusque que je basculai en avant. Rapidement, un cri implorant la jeune fille que j'étais d'intervenir s'éleva. Je me relevai en esquissant une grimace. La voix particulièrement forte et aigüe du marchand me vrillant les tympans chaque fois qu'il criait de peur. Sans prendre la peine de lui répondre, je descendis du chariot. La scène qui se déroulait sous l'averse ne m'étonna pas. Il fallait dire que durant nos cinq jours de voyage de semblables n'avaient cessé d'avoir lieu. Deux hommes encerclaient la voiture. L'un tenait fermement les extrémités des harnais des cheveux pendant que l'autre avait attrapé le conducteur et le soulevait d'une dizaine de centimètres du sol. Comme tous ceux les ayant précédés, ils réclamèrent que leur victime leur fournisse la totalité de ses biens, y compris son véhicule et ses bêtes. Tout cela commençait à m'ennuyer. Je m'approchai de celui qui retenait le marchand en lui ordonnant de le reposer à terre. Ne m'ayant pas remarqué auparavant, il sursauta avant de me toiser. Lui et son compère ne mirent pas longtemps à éclater de rire devant mon air sérieux. Celui qui était face à moi lâcha d'un coup son emprise sur son otage. Cependant, il avait agi de la sorte pour pouvoir poser ses deux mains sur mes épaules. Penché vers moi, il semblait sur le point de s'écrouler tant il riait. Même dans cet état, il me dominait de toute sa hauteur. Je jetai un regard à son compagnon. Il ne valait pas mieux.

« Ecoute-moi bien, petite, finit par déclarer l'homme appuyé sur moi, je suis de bonne humeur alors je vais t'expliquer les choses calmement. Nous, on est des pilleurs. On vole, on revend et on marchande. Antiquités, objets de collections et bibelots. Tout y passe, ce qui compte, c'est l'argent, tu piges ? Donc, tu vas simplement me donner toute la marchandise de ce vieux et on en parle plus. Compris, gamine ?
- Ôtez vos mains. Maintenant. »

Comme il ne bougeait pas, ce fut par deux mouvements de bras que je me dégageai. Une fois fait, je le fixai sans un mot. Puis je levai une paume vers le ciel gris. Suite à ce geste, les rafales se concentrèrent autour du voleur. Elles s'accentuèrent, se mêlèrent et une tornade emprisonna l'homme. Je martelai le sol du pied. Il se retrouva expulsé de la colonne de vent et vola à plus de deux mètres avant de s'écraser, le tout accompagné d'un cri de surprise et d'indignation. je ne m'arrêtai pas là. Le tourbillon précédemment créé ne disparut pas. Il se contracta jusqu'à devenir une sphère de la taille d'une balle pour enfant. Blanche et frémissante sous une pression anormale, elle prit place dans ma main droite. Je la lançai sans hésiter sur l'autre pilleur. Il l'évita. Malgré cela, ma sphère explosa au contact de la terre puis l'onde de choc le propulsa près de son camarade. Etourdis, aucun ne tenta de se relever. Ils se contentaient de cligner des yeux, maintes et maintes fois, en se demandant s'ils venaient de rêver. Cela me suffit pour déterminer qu'ils étaient conscients. Nous pouvions les laisser ici, ensemble ils ne craignaient rien.

« Je n'aime vraiment pas ce ton arrogant et hypocrite. Je me moque de la manière dont vous menez vos vies. Seulement, ne croyez pas toujours tomber sur des personnes sans défense qui se laisseront abuser par votre petit air de dur. Vous, repris-je à l'attention du marchand ayant récupéré sa place initiale, essayez d'avancer un peu plus vite. Il ne pleut pas beaucoup et nous sommes proches de Miren. »

Les lèvres pincés, il hocha la tête alors qu'un frisson secoua son corps. Même au terme de notre courte expédition, il avait peur de ce que je pourrais lui faire. Enfin, pour être exacte, c'était plutôt l'étendue insoupçonnée de mes pouvoirs et leur origine qui l'inquiétaient. Puisqu'il ne daignait pas m'offrir de meilleure réponse, je retournai à l'intérieur de la carriole. A peine je fus installée que je sentis la voiture reprendre son chemin.

« Te remercier ne lui serait pas fatal !
- Ce n'est pas grave, répondis-je en essorant mes cheveux avant de me rendre compte que l'eau en glissait d'elle-même, je n'ai pas besoin qu'il le fasse, je veux juste qu'il me conduise là où tu le désires.
- Tu n'es pas son esclave ! Tu le protèges au péril de ton existence ! 
- N'exagère rien. Jusqu'à maintenant, je n'ai rencontré personne avec une puissance capable de me faire flancher. Il n'y avait que des beaux parleurs. Et puis, souviens-toi que si tu m'avais expliqué la situation dès le départ, j'aurais pu trouver une autre solution. »

Je savais qu'elle ne l'avait pas oublié, tout comme moi.

Je revoyais cette enfant, les yeux encore rouges d'avoir versé tant de larmes, renifler tout en me paraissant étonnée de ma question. Doucement, je m'étais répétée. Savoir ce qu'il me serait arrivée si j'étais restée à Ewakia m'avait paru être une information beaucoup trop importante pour que j'aie risqué de la réclamer à n'importe qui. J'avais eu plus confiance en cette petite fille qu'en n'importe qui d'autre pour obtenir la vérité. Sans broncher, elle m'avait dit que son père et l'inspecteur avaient évoqué le fait de me placer au rang de garante de leur village. Devant mon incompréhension, elle m'avait expliqué ce que cela aurait entraîné. Ça ne m'avait pas plu. Devenir garante d'un endroit aurait impliqué que je l'aurais pris sous ma protection, que mon autorité y aurait été absolu ayant ainsi refoulé celle du roi. Cependant, j'aurais dû y vivre pour toujours, seule et recluse dans un temple qui aurait été construit uniquement pour cette occasion. Égoïstes et hypocrites, les deux hommes avaient donc commencé à vouloir me voler ma liberté pour échapper à un souverain qui avait instauré une sorte de terreur.  Ils m'avaient dégoûtée. Le pire avait sûrement été que la petite aux yeux bleus avait ajouté que, puisque j'avais été et étais encore une inconnue pour eux, leur décision avait été basée sur ma qualification en tant qu'hôte. Exaspérée, je l'avais également questionnée sur ce point.

« Hein !? , s'était-elle écriée, tu ne sais pas ça non plus !? Je croyais qu'on apprenait ça à tout le monde, pourtant ! Un hôte, c'est une personne dont le corps est devenu le conteneur d'un Esprit.
- Et les Esprits sont...
- Les Esprits sont les créateurs de ce monde !
- Attends, je partage mon corps avec l'un des êtres qui a crée ce monde. Comment pouvez-vous le savoir ?
- Ta marque au poignet. Tous les hôtes en ont une ! Eh, c'est vrai que tu peux communiquer avec ton Esprit ? Les adultes disent que c'est possible.
- La voix, avais-je murmuré, elle est réelle... ils m'ont menti. »

Nullement inquiétée par l'absence d'une confirmation de ma part, l'enfant avait continué de me raconter ce qu'elle avait appris. J'avais simplement retenu que chaque Esprit correspondait à un élément et qu'auparavant ils avaient tous veillé au bon équilibre de chaque. Après, je n'avais plus pu rester assise. Comment avaient-ils osée ? Je n'avais rien eu à voir avec leurs problèmes mais ils avaient quand même pensé à m'utiliser, à me planifier un avenir sans prendre en compte mon avis. Seuls leurs intérêts avaient toujours été prioritaires, au détriment de mon bonheur. Ça m'avait révolté. Je n'avais pas voulu rester plus longtemps dans ce village.

Ayant ignoré la vaine tentative de la petite fille de me retenir, j'étais précipitamment sortie de la pièce. Plus j'avais avancé, plus mon souffle s'était accéléré. Je n'avais pas tardé à croiser l'inspecteur, ayant sûrement été mis au courant de ce que j'avais appris puisqu'il avait tenté de me stopper et de m'expliquer la situation et ses raisons. Je ne l'avais pas écouté et avais continué de marcher. Il m'avait attrapé le bras pour me forcer à prêter attention à ce qu'il avait dit. Instinctivement, je m'étais éloignée de lui, m'étant libérée de son emprise, et avais placé mes deux mains devant moi, comme pour faire barrage. Ça avait été la première fois depuis mon réveil que l'air m'avait obéi. Une rafale avait projeté l'homme contre un mur, l'ayant à moitié assommé.

J'avais couru afin de quitter cette bâtisse au plus vite. J'avais aperçu une porte juste avant de m'effondrer. Appuyée sur mes avant-bras, j'avais essayé de me relever mais sans succès.

« Calme-toi. Même si tu ne ressens plus la douleur, les blessures subsistent. Je ne les ai pas faites disparaître.
- Je ne comprends pas. Je ne comprends plus. Je ne devrais pas réagir comme ça, avais-je pensé, je n'ai qu'à partir et ne plus jamais me souvenir de ce qu'on a voulu me faire. En théorie, ce n'est pas si grave puisque je peux encore m'échapper alors pourquoi je me sens si mal ?
- Même si, toi, tu l'as oublié, ton corps se rappelle de ce qui t'a déjà fait souffrir.
- Tu me donnes des leçons sans te présenter. Qui es-tu vraiment ?
- Je ne vois pas le rapport avec mon identité.
- Il n'est pas nécessaire. Réponds simplement. »

Au début, la voix n'avait rien ajouté et s'était enfoncée un peu plus dans mon esprit. J'avais attendu quelques minutes, tant pour elle que pour me reprendre, puis m'étais redressée. Tanguant, j'avais finalement atteint la porte. Elle avait donné sur le c½ur même d'un village plongé dans la nuit. Le fait qu'il ait été si tard qu'un croissant de lune avait brillé dans un ciel noir ne m'avait pas dérangé. Au contraire, j'en avais ressenti un fort apaisement. Bien qu'il ait fait un peu froid, j'avais refermé le battant de bois derrière moi et avait commencé à chercher un moyen de partir plus loin.

« Où vas-tu aller.
- Je ne sais pas. Au fond, ça m'importe peu.
- Miren, avait-elle lâché dans ma tête après une longue hésitation, là-bas se déroulera un événement particulier. Dans moins d'une semaine. J'aimerais y participer. »

J'avais accepté sans condition. L'important avait été de m'éloigner d'ici. De plus, si je devais cohabiter avec cet être, il me faudrait sûrement m'entendre avec. Refuser aurait été un mauvais départ.

Je n'avais eu aucune idée de comment me rendre à Miren. Machinalement, j'avais prononcé le nom de cette ville à voix haute. A cet instant, quelqu'un avait répété ce mot en me demandant s'il avait bien entendu. J'avais ainsi rencontré ce marchand si peu chaleureux. Il m'avait proposé de m'escorter en échange de quoi j'aurais dû le protéger des bandits de plus en plus nombreux depuis le début du règne du Roi. La voix m'avait assuré qu'il avait vu ma marque mais que seule la possibilité de se rendre dans une ville attractive avait compté. D'après elle, je n'avais rien eu à craindre. Je n'avais surtout pas eu d'autres options car il m'avait semblé capter mon prénom prononcé depuis le lieu d'où je m'étais enfuie.

Sur notre route, les attaques de pilleurs n'avaient cessé. Même lorsque nous nous étions arrêtés pour manger ou dormir, des hommes aux allures de brutes avaient débarqué. Les premières fois, j'avais eu du mal à utiliser mes pouvoirs. L'étrange voix m'avait alors guidée jusqu'à ce que j'eus pris mes repères. Après cela, elle n'était plus intervenue. Du moins, jusqu'à hier matin quand, au bord du sommeil, je l'avais écouté une nouvelle fois.

« Elmoon, c'est ainsi que je m'appelle. Je suis bien un Esprit. Je sais que tu aurais préféré que je te le dise plus tôt mais tu comprendras mon choix quand tu en sauras plus, toi, ma petite poupée. »

Chapitre 3 (fiction 2)

A quel élément l'Esprit abrité par Alice est-il lié ?
De quoi se rappelle le corps de la jeune fille si compréhensive et insensible à sa situation jusqu'à présent ?
Quel événement doit se dérouler à Miren ?
Alice peut-elle réellement faire confiance à Elmoon ?

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