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Chapitre 1 (fiction 1) 21/08/2015


On était au début du moins de Septembre, l'automne venait d'arriver mais il faisait déjà froid et les feuilles commençaient à tomber. Aujourd'hui, c'était mon premier jour dans mon nouveau collège. Ma s½ur adoptive avait insisté pour aller dans le même collège que moi, ses parents avaient tout de suite accepté car je ratais souvent les cours et elle pourrait m'aider à les rattraper. Ce matin, malgré ma nervosité, je m'habillai et me préparai pour partir. Quand j'entrai dans la chambre d'Emma, je compris qu'elle dormait encore. Apparemment elle n'était pas nerveuse et elle dormait profondément. Je dus la secouer une dizaine de fois avant qu'elle n'ouvre les yeux. Son visage se tourna immédiatement vers son réveil. Il indiquait 7h00. Elle n'avait que 30 minutes pour s'habiller, se préparer et prendre son petit-déjeuner. Après avoir couru dans tous les sens et s'être brûlée en avalant son chocolat chaud, elle fut prête dans les temps. Nous enfilâmes nos vestes, dîmes au revoir à nos parents et nous partîmes. Il faisait un peu frais et le vent faisait bouger les arbres, qui bordaient l'allée, de temps à autre. Nos sacs sur les épaules nous marchions en parlant de tout et de rien, jusqu'à ce que nous arrivâmes devant un bâtiment blanc. Plusieurs élèves se dirigeaient vers la cour, qui se trouvait devant ce bâtiment, en se bousculant de temps en temps. Ce nouveau collège avait l'air plus grand que mon ancien. Un groupe d'élèves se formait autour des feuilles où étaient inscrites les listes des classes. Nous allions commencer à avancer vers eux pour voir dans quelle classe nous étions mais après quelques pas je me fis bousculer par un garçon sur un skateboard qui essayait de nous dépasser.


« Désolé ! », me lança-t-il en continuant son chemin.


Emma me tendit mon sac, qui était tombé, et nous continuâmes d'avancer. Nous étions toutes les deux dans la classe de 3°E. 


La cloche se mit à sonner alors que nous entrions dans notre salle de classe. Je remarquai rapidement qu'il n'y avait pas des groupes d'élèves qui pourraient former des bandes, sauf six ou sept élèves qui en entouraient deux autres. Je ne réussis pas à voir leurs visages mais je pensai qu'il devait s'agir des personnes assez populaires de ce collège. Certaines filles de la classe vinrent pour nous souhaiter la bienvenue et nous discutâmes toutes ensemble en attendant que notre professeur principal arrive. Peu de temps après, une dame, aux cheveux bruns et habillée d'une robe allant jusqu'aux genoux, entra en se présentant comme notre professeur principal mais également celui de français. Elle était assez sévère mais semblait gentille. Elle décida que se serait elle qui choisirait nos places pour aller plus vite. En effet, en une quinzaine de minutes nous étions tous assis à notre place. Je me trouvais près d'une fenêtre et mon voisin était un des deux garçons populaires de tout à l'heure. Emma était juste devant moi et son voisin se trouvait être l'autre garçon populaire. Pendant le reste de la matinée, nous reçûmes des papiers, on nous expliqua comment se passerait cette année et nous pûmes sortir dans la cour en attendant que la cloche sonne la fin de cette première journée de cours.

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Chapitre 1 (fiction 2) 27/12/2017

Chapitre 1 (fiction 2)

J'entendais encore ces voix. Elles revenaient sans cesse me hanter. Je ne pouvais que les écouter murmurer, rire ou pleurer à l'unisson. Enfants, adultes, hommes ou femmes, je n'arrivais plus à les distinguer et j'étais incapable d'associer un quelconque visage à l'une d'elles. Depuis combien de temps résonnaient-elles dans ma tête ? Je ne savais plus. Peut-être depuis toujours. Pourtant je n'avais pas rêvé. J'avais déjà réellement entendu autre chose que ces voix fantômes. Je me souvenais encore de la sensation du sol contre mon corps, de mon incapacité à bouger et à ouvrir les yeux et de ces pas qui s'étaient rapprochés en masse. La suite me paraissait un peu floue. Il me semblait que l'on m'avait d'abord secouée afin de me réveiller. Cette tentative avait été un échec. Les cris s'étaient ensuite mêlés de la même manière que les légers coups au visage qu'on m'avait portés. Cela n'avait eu aucun succès. Après, je n'avais plus senti le sol et m'étais retrouvée complètement perdue. Davantage au moment où je m'étais rendue compte que je ne me rappelais pas de ma vie.

Parfois, il arrivait que d'autres personnes soient dans les environs. Dans ces rares moments, j'avais l'impression que les voix se faisaient discrètes. Elles étaient toujours là mais c'était comme si elles cherchaient à me laisser une chance d'entendre et de comprendre ce qu'il se passait. Aujourd'hui, je crus percevoir plusieurs personnes.

« Vous voyez, inspecteur, son état est toujours stable et, ce, depuis que nous l'avons trouvée, murmura une première voix, avez-vous appris quelque chose sur elle ?
- Aussi incroyable que cela puisse paraître, non. Nous avons inspecté en long et en large le bord du fleuve mais aucune de ses affaires n'était présente, comme si elle n'avait jamais rien possédé.
- Vous pensez qu'elle aurait été attaquée ?
- C'est possible. Ses vêtements étaient en piteux état et, il y a encore quelques heures, elle était couverte de sang. Sans oublier cete marque sur son poignet ... Et de votre côté ?
- Une infirmière s'est chargée de panser ses plaies et l'a changée. En récupérant les vêtements qu'elle portait, l'infirmière a vu un étiquette, à moitié décousue de la veste, où étaient griffonnés un nom et un prénom.
- Où est cette veste ? , s'exclama le supposé inspecteur.
- Elle était imbibée de sang et collante, nous l'avons jetée.
- Je vois. Soit, quelle est la potentielle identité de cette fille ?
- Onde Alice. »

A cet instant, quelque chose changea dans mon esprit. Une à une, les voix fantomatiques, qui n'existaient que dans ma tête, disparurent. Plutôt, elles se calmèrent jusqu'à n'être qu'un vague souvenir.

« Alice ? , répéta la seconde voix d'un air penseur. »

Sans vraiment savoir pourquoi, j'eus la certitude qu'ils avaient raison de croire que je m'appelais ainsi.

« Alice, confirma le premier. »

Après quelques secondes, je ressentis une sorte de déclic. L'air me brûla les poumons, mes côtes droites m'étaient douloureuses et quelque chose me collait à la jambe gauche. Presque mécaniquement, j'ouvris enfin les yeux. Ce fut la soudaine quinte de toux qui m'avait prise qui alerta les deux hommes de mon réveil. Tandis que l'un s'empressait de me chercher un verre d'eau, l'autre n'esquissait pas le moindre geste. Je me redressai doucement et attrapai le verre en plastique que me tendait cette personne en blouse. J'avalai avec lenteur son contenu et en profitai pour détailler l'endroit où j'étais. Une petite pièce très simple. Il n'y avait que deux ouvertes : une porte, encore entrebâillée, et une fenêtre. En dehors du lit sur lequel j'étais mi-allongée, je ne voyais qu'un plan de travail longeant l'un des murs et un petit lavabo surmontée d'une armoire isolée dans un coin. Dès que j'eus fini de boire, je rendis le gobelet à l'homme qui me l'avait offert avant de m'asseoir au bord u lit, non sans difficulté. A peine m'étais-je exécutée, que celui qui jusqu'à présent était resté immobile me posa de nombreuses questions. Il les énumérait d'une voix lasse et d'un ton qui exprimait toute son envie de me mettre à la porte. Comment m'appelais-je ? Quel étais mon âge ? Qu'avais-je fait au bord du fleuve ? Pourquoi avais-je été dans cette état ? Avais-je de la famille ? Et encore beaucoup d'autres. Mais, peu importait leur nombre. Cet inconnu ne semblait pas vouloir s'arrêter alors que je n'avais aucune réponse à lui fournir. Tout ce que je pouvais faire c'était secouer la tête de gauche à droite pour l'informer de mon ignorance. Cela eut pour effet de l'irriter. Il devait penser que je mentais.

« Je ne sais pas, expliquai-je comme si la chose était évidente, je ne me souviens pas.
- C'est une excuse facile à sortir, mademoiselle !
- Vous voulez savoir qui je suis mais la seule chose que je sais, moi, c'est que je m'appelle sûrement Alice et qu'il y a encore quelques minutes j'entendais des voix à en devenir folle. Vous m'en demandez trop.
- C'est ridicule ! Si vous avez oublié, cherchez un peu ! Ce n'est pas moi qui vais le faire à votre place ! »

Mon regard, qui s'était accroché à un point imaginaire sur le plafond, se posa sur mon interlocuteur. Contrairement à son associé, il ne paraissait pas spécialiste des soins. En effet, l'homme en blouse, chauve et désormais paré de gants, avait entrepris d'examiner mes côtes et de changer un épais bandage entourant ma cuisse. Lorsqu'il l'avait retiré, j'avais découvert une profonde plaie traversant ma jambe dans sa longueur, entourée de taches violettes et d'où coulait encore du sang. Il ne m'était pas difficile de comprendre que les bandes médicales m'avaient collée à la peau à cause de ce liquide rouge. Le supposé médecin s'était mis en tête de désinfecter et d'éponger la blessure avant de la couvrir à nouveau. Je l'ignorais et le laissais faire à sa guise. Toute mon attention était dirigée sur cet inspecteur. Vêtu d'un long manteau noir qui ne laissait voir qu'un lourd pantalon de velours, il me défiait d'un air qui se voulait supérieur à moi. Je ne saisissais pas le sens de son attitude et choisis de lui obéir. Durant de longues minutes, je fouillai dans ma mémoire à la recherche d'une quelconque piste. Un paysage d'enfance ? Une figure influente ? Un objet fétiche ? Rien ne me venait. Je ne pouvait m'accrocher qu'à des murmures vagues et indistincts.

« Hallucinations, fractures et perte de mémoire ... Inspecteur, il est évident que cette enfant est en état de choc.
- Ou alors, elle se trouve être dangereuse et nous cache quelques éléments importants, s'écria le suspicieux, regardez son poignet ! On ne peut pas lui faire confiance ! »

Je baissai les yeux vers mes mains dans l'espoir de lever le voile sur la source de sa méfiance. Pourtant, je n'y trouvais rien de choquant. Chacune de mes mains était normalement constituée d'une paume et de cinq doigts et ma peau, bien que recouverte de légers hématomes, restait semblable à celle de n'importe quel être humain. La seule particularité que j'observai fut une sorte de tatouage qui encerclait mon poignet gauche telle une manchette indélébile. Si, au premier coup d'½il, je n'avais vu que des courbes entrelacées, je remarquai ensuite qu'il s'agissait en réalité de croissants de lune disposés de divers manières. Je pensai qu'il était magnifique. Je bougeai doucement le bras afin de l'examiner sous tous les angles. Que signifiait-il ? Étais-je le genre de fille qui se faisait tatouer sans raison ?

Complètement absorbée par cette marque, je ne remarquai pas tout de suite que les hommes étaient partis. En réalité, je ne m'en rendis compte qu'à l'instant où je voulus me lever pour boire à nouveau et que je m'écroulai sur le sol. Effondrée sur le carrelage, je lâchai un soupir d'exaspération avant d'aviser mes jambes tremblantes. Je savais m'en servir, quand même ! Je gardais en tête l'idée que les chances que je sois incapable d'utiliser mes jambes étaient ridiculement faibles puis réessayai de me soulever. Mes membres me donnaient l'impression d'être de coton. Je me redressai le plus lentement possible mais ils cédèrent au dernier moment. Comme je basculais vers l'avant, j'attrapai instinctivement le bord du lit à mes côtés. Le souffle court, je me sentais encore plus fatiguée que si j'avais couru un marathon. Je fis un pas. Tout se passa bien. Un sentiment de confiance m'envahit et je répétai cette opération. Je tentai de recommencer sans m'agripper au matelas mais je dus m'y reprendre à trois afin d'y parvenir. Je continuai mon avancée, doucement, centimètre par centimètre, et prudemment. Il me fallut certainement plus de dix minutes pour atteindre l'évier. Après m'être réhydrater, je m'aspergeai le visage d'eau. Dans le miroir face à moi, je vis enfin mon image. Des cheveux bruns si emmêlés qu'estimer leur longueur se retrouvait impossible, un corps qui n'aurait pas été en meilleur état s'il avait chuté d'une falaise et deux grands yeux marron qui paraissaient voir le monde pour la première fois. Je n'avais rien d'effrayant et, pourtant, l'attitude de cet homme à mon égard m'avait fait sentir que je n'étais pas la bienvenue. Ça me troublait et attisait ma curiosité. Je devais comprendre. Seul l'inspecteur au pantalon de velours pouvait me donner une explication. Il fallait que je le trouve au plus vite.

Calmement, j'ouvris la seule porte de la salle. Je m'attendais à voir des gens de l'autre côté, aussi je fus surprise de ne rencontrer personne. Il n'y avait qu'un long couloir dont le bout me semblait inexistant. Je m'y engouffrai sans bruit. Je frissonnai seulement car, sous mes pieds nus, je sentais un sol dur et froid. Marchant lentement, avec de plus en plus d'aisance, je tendais l'oreille, en quête de quoi que se soit pour me guider. Les lieux devaient être particulièrement vide car je perçus rapidement les échos d'une discussion lointaine. N'ayant aucune autre piste et surtout aucune autre alternative, le couloir se prolongeant sans jamais se séparer, je poursuivis. Plus je progressais, plus les bribes de phrases que je captais se distinguaient. Cependant, je n'y prêtais pas attention. Peut-être que j'aurais dû. J'accélérai. Pour l'instant, toutes mes pensées étaient tournées vers cette étrange attitude. On avait eu peur de moi, on avait pensé que j'étais dangereuse. Je repensai aux mots de l'inspecteur. D'après lui, je leur aurais caché des éléments essentiels. Or, j'avais la conviction que celui qui dissimulait des choses, ce n'était pas moi mais lui. Je finis par apercevoir deux silhouettes, l'une habillée de blanc et l'autre de noir, tenant chacune une tasse fumante. Je me dirigeai vers elle et acceptai enfin de les écouter.

« ... une hôte découverte de la sorte, mais est-ce que vous vous rendez compte ?!
- Elle n'a que 17 ans, je doute qu'à cet âge on puisse réellement être un problème.
- Oui, ça, ça reste les résultats des analyses sanguines que vous lui avez faites, rien de concret ! Vous savez, je pense qu'il faut la surveiller, prescrivez-lui un mois, voire deux, de repos forcé ici. Je mènerai mon enquête entre temps.
- Mais enfin, elle se porte bien !
- Ça aussi, c'est bizarre ! Et si vous n'êtes pas d'accord, je la mets hors de ce village sur le champ ! Nous ne sommes pas en mesure de nous défendre contre une menace et les taxes du roi ont encore augmenté, on ne peut pas se permettre de la laisser créer une catastrophe ! »

Je les fixai, immobile et un goût amère dans la bouche. Je ne comprenais ni ce qu'était un "hôte" ni comment je pourrais leur poser problème alors que je venais de recouvrer l'usage de mes jambes.

« C'est horrible ce que vous voulez me faire, m'exclamai-je, révélant ainsi ma présence, et ridicule en plus. Tout d'abord, à peine je me réveille que vous me harcelez de questions étranges, sans me croire quand je vous réponds. Ensuite, vous m'accusez de mentir alors que vous-même ne me dîtes rien. Pourquoi ? Je suis la première concernée, après tout, c'est moi qui suis blessée. Et pour finir, vous voulez m'enfermer ou m'abandonner. Je ne connais rien de cet endroit et encore moins de ce monde. Vous êtes étrange, monsieur. Je vais préparer mes affaires. »

J'avais parlé d'une voix calme et fluide comme si j'avais voulu faire un bilan d'une situation aussi banale que de se promener en pleine campagne. Sans attendre de réponse, je fis demi-tour, résignée non seulement à partir mais aussi à trouver des explications autrement.

Chapitre 1 (fiction 2)

Qu'est-il arrivé à Alice pour qu'elle se réveille dans cet état ?
Que signifie la marque sur le poignet d'Alice ? Pourquoi inquiète-elle l'inspecteur ?
Les voix qu'elle entendait dans son sommeil étaient-elles réellement de simples hallucinations ?
Qu'est-ce qu'un hôte ?

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